30 Décembre 2014
J’avais envie d’écrire un petit peu sur le sujet de la parentalité positive et en particulier sur le sujet des émotions.
Il y a un dicton qui dit " avant j’avais des principes, maintenant, j’ai des enfants. " Je voudrais dire qu’il est aussi important d’avoir des principes avant d’avoir des enfants et de continuer à en avoir. Qu’est ce j’appelle principes ? Pour moi, ce sont des choses qui nous paraissent importantes comme des valeurs plutôt que l’on souhaite transmettre, un fils conducteur de l’éducation que l’on souhaite apporter à nos enfants.
L’essentiel, étant de se poser certaines questions : comment ai-je envie d’accompagner mes enfants ? Quelles valeurs ai-je envie de le transmettre et quelles sont les choses qui sont importantes pour moi, pour nous, pour notre famille ? Ce qu’il est important qu’ils retiennent du temps passés ensemble ?
La parentalité positive a de ce fait certaines valeurs qui lui sont propres et auxquelles on essaie de tendre quotidiennement : le respect des besoins de chacun et l’écoute en priorité. N’oublions pas qu’il s’agit d’un idéal. Nous ne sommes pas le Dalaï Lama, et d’ailleurs ce dernier n’a pas d’enfants ;-))
Néanmoins, je trouve que parfois, on met la barre haute, bien trop haute et on oublie qu’être parents, c’est avant tout être humain et un humain a des émotions, positives et négatives qui lui permettent de se construire. Pour apprivoiser les émotions, les enfants ont besoin aussi d’expérimenter les nôtres, de voir et d’approprier que quand les comportements ne sont pas adaptés, on peut revenir dessus, reprendre, rediscuter.
Par exemple, il y a des défis comme j’arrête de râler, j’arrête de crier, qui sont en général des ouvrages partageant une mine d’or d’outils pour réussir à s’apaiser, mais ARRÊTER de râler, cela ne me parait pas approprié. Cela voudrait dire que nous devons être dans le contrôle permanent de nos émotions et c'est impossible.
La parentalité positive, ce n’est pas une parentalité lisse, dénuée d’émotions négatives, c’est avant tout des parents qui ont le désir et essaient de tendre vers une relation respectueuse, en favorisant l’estime de soi de leur enfant et en le considérant d’égal à égal, mais c’est aussi des parents qui ressentent, qui vivent et partagent des émotions.
Quand on se projette dans une parentalité respectueuse, on lit, on parcourt les forums, on échange avec d’autres parents, on participe à des ateliers et on rentre à la maison MAIS cela ne se passe parfois pas comme dans les livres, ni comme dans les ateliers certains jours… La parentalité positive? cela demande de la disponibilité tant psychique que physique et parfois, on fait ce que l’on peut et non pas ce que l’on veut.
Être parent, c’est aussi faire avec les valeurs que l’on nous a transmis, la colère et la joie que l’on nous a transmis, les valeurs que l’on veut transmettre et également tous les états émotionnels que la vie nous fait traverser.
Il arrive que nous nous fâchions, bien trop fort, que nous crions, bien trop fort et que nous culpabilisions. Ce qu’il me parait important, ce sont que les moments où nous ne sommes pas en accord avec nos valeurs, que notre comportement n’est pas à la hauteur de ce que nous aurions aimé être, nous avons le pouvoir d’en reparler avec nos enfants et notre conjoint. Nous permettons ainsi à nos enfants de faire l’expérience de l’erreur puis de la réparation.
Nous avons la possibilité de mettre des mots sur nos comportements, nos paroles ou nos actes qui ont dépassé nos pensées.
La parentalité positive, ce n’est pas être parfait, ce n’est pas passer des journées entières avec ses enfants sans crier en étant disponibles 100 %, c’est aussi accepter nos failles, nos points faibles pour que nos enfants puissent accepter les leurs. Personne, hormis la société, ne nous demande d’être parfaits. Il est même important d’être imparfait !
Il ne faut pas oublier que les enfants ont beaucoup de capacités et de compétences pour rebondir et que nous aurons encore beaucoup de possibilités de nous essayer aux différents outils de parentalité positive.
Je terminerai avec une citation de Haim GINOTT, Psychologue américain d'origine israélienne quand il parle des habiletés de communication efficace.
« C'est comme apprendre une nouvelle langue, mais nous parents, nous la parlerons toujours avec un accent car ça n'est pas notre langue maternelle. Mais nous espérons que pour nos enfants, ce sera une langue maternelle."
